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Hartmut Richter

Hartmut Richter

Littérature

  • Gedenkstätte Berlin-Hohenschönhausen (Hg.): Die vergessenen Opfer der Mauer. Flucht und Inhaftierung in Deutschland 1961-1989. Berlin. o. J., S. 49-51
  • Klewin, Silke/Wenzel, Kirsten: Wege nach Bautzen II. Biographische und autobiographische Porträts. Dresden 1998, S. 112
  • Schute, Claudia (Hg.): Schicksal Bautzen. Politische Häftlinge der SBZ/DDR erzählen – junge Journalisten porträtieren. Bonn 1998, S. 62 ff.

Hartmut Richter est né en 1948 dans le district de Glindow (Brandebourg). Elève, il était un membre enthousiaste des "Jeunes Pionniers" (Jungpioniere), une organisation politique communiste de masse pour les enfants de la RDA. Mais lorsqu'il dut signaler au responsable des Pionniers de son école quels étaient les camarades qui regardaient en secret la télévision ouest-allemande, son approche de la RDA changea. Non seulement il ne se soumit pas à cette activité d'"espionnage", mais il refusa d'adhérer à la "Jeunesse libre allemande" (FDJ, Freie Deutsche Jugend), le mouvement de jeunesse officiel des 14-25 ans de la RDA. En août 1961, à l'âge de 13 ans, il vit le mur se construire. Alors en visite chez une cousine, il put en effet voir depuis Berlin-Ouest les barrages frontaliers se dresser dans la fameuse rue Bernauer Straße. Peu de temps après, il dut rentrer en RDA.

Adolescent, il rêvait de liberté et de passer à l'Ouest. Aussi, en janvier 1966, tenta-t-il une première fois de fuir vers l'Autriche en passant par la Tchécoslovaquie. Mais il fut appréhendé et conduit au centre de détention provisoire du MfS de Potsdam (Ministerium für Staatssicherheit, Ministère de la Sûreté de l'Etat). Comme il avait feint d'avoir des remords dans une lettre adressée à ses parents, le jugement à son encontre fut relativement clément : en mai 1966, il fut condamné à dix mois de prison avec sursis. Après sa libération, il essaya à nouveau de fuir. Cette fois, il réussit. Doté d'une audace sans pareil, en août 1966, l'adolescent de 18 ans rejoignit à la nage Berlin-Ouest par le canal de Teltow.

Dès lors, à partir du début des années 1970, il commença à aider amis et parents à quitter le pays. Les gouvernements des deux Etats allemands ayant convenu que, seuls les véhicules circulant sur les axes de transit entre l'Allemagne de l'Ouest et Berlin-Ouest pouvaient être contrôlés, il put ainsi faire sortir clandestinement de la RDA dans sa voiture, au total 33 personnes. Mais, en mars 1975, il fut arrêté - sa sœur était alors cachée dans le coffre de la voiture -, et conduit au centre de détention provisoire de Potsdam. Le tribunal du district de Potsdam, réuni à huis-clos, le condamna en décembre 1975 à la peine maximale de 15 ans pour "trafic de personnes dangereux pour l'Etat". Il purgea sa peine dans les établissements carcéraux de Berlin-Rummelsburg et de Bautzen II.

Après plus de cinq ans de détention, Hartmut Richter fut racheté en octobre 1980 pour sa libération par l'Allemagne de l'Ouest et autorisé à se rendre à Berlin-Ouest. Là-bas, il s'engagea dans la Société internationale pour les Droits de l'Homme (IGfM, Internationale Gesellschaft für Menschenrechte). Il fut par ailleurs membre de la CDU (Christlich Demokratische Union Deutschlands, Union chrétienne-démocrate) jusqu'en 1990. Depuis 1999, il est guide au mémorial de Berlin-Hohenschönhausen. Son destin hors du commun a été décrit entre autres dans le film-documentaire "La décomposition de l'âme" (Zersetzung der Seele) de Nina Toussaint et Massimo Iannetta (Belgique/Allemagne, 2002).